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La Fédé de randonnée sort son 2e « baromètre des villes marchables »

Le quartier Saint-Louis, à Versailles lors d'une randonnée urbaine organisée par Enlarge your Paris / © Jérômine Derigny pour Enlarge your Paris
Des randonneurs dans le quartier Saint-Louis à Versailles lors d’une balade urbaine organisée par Enlarge your Paris / © Jérômine Derigny pour Enlarge your Paris

Réalisé par la Fédération française de randonnée et ses partenaires de Place aux Piétons, le « Baromètre 2023 des villes marchables » vient de paraître. L'occasion de faire le point de l'avancée de la marche en milieu urbain avec Frédéric Brouet, administrateur au sein de la Fédération et chargé des mobilités actives.

Pouvez-vous nous rappeler la méthodologie qui a prévalu pour ce « baromètre des villes marchables » ?

Frédéric Brouet : Le public avait la possibilité de répondre à un questionnaire en ligne, qui lui permettait d’évaluer la « marchabilité » de sa ville. Cela peut s’appliquer aussi bien à sa ville de résidence qu’à la commune où il travaille mais également à son lieu de vacances. Nous avons exploité près de 42 500 questionnaires et classé 230 villes. Pour qu’une commune puisse être évaluée, nous devions avoir reçu un nombre de questionnaires proportionnel à sa taille. Pour Paris par exemple, il nous fallait au minimum 200 réponses.

Justement, le plus fort taux de réponse concerne l’Île-de-France. Et 85 % de vos répondants déclarent marcher dans des espaces urbanisés. Faut-il y voir une montée en puissance de la marche en milieu urbain ?

C’est effectivement en train d’imprégner les esprits. L’idée que marcher en ville serait une contrainte perd en puissance. Si on veut pratiquer une activité douce dans les métropoles, la marche a du sens, pour le plaisir mais aussi pour la santé et pour le climat. Et puis elle ne coûte rien ! Le covid a aussi participé à cette hausse de popularité. Les gens ont compris qu’il était agréable de marcher quelques kilomètres autour de chez soi.

Vous avez classé les villes marchables de A+ à G. Avec une moyenne nationale de 8,2/20. Ce n’est pas terrible quand même…

On peut même dire que c’est médiocre. Il y a une forme d’inertie des collectivités. Même si certaines se mettent en ordre de bataille sur le sujet, cela n’est pas tout de suite reconnu par les usagers. Il faut attendre un peu pour que les avancées soient identifiées. Néanmoins, depuis deux ans – date de notre dernier baromètre –, même si on ne constate pas de progrès spectaculaires de la part des villes, on note quand même des frémissements.

Quels reproches vos répondants formulent-ils ?

Frédéric Brouet : Cela peut ressembler à un inventaire à la Prévert. Ils réclament déjà une sanctuarisation du trottoir. Parce que c’est un peu le dernier espace de liberté du piéton. Il permet d’aller à son rythme, à sa vitesse, de créer du lien social. Ils déplorent également l’absence de bancs pour se reposer, de toilettes publiques ou de point d’eaux. Mais aussi d’abris en cas de fortes chaleurs ou de pluie. En fait, il faudrait un « plan marche » comme il y a eu un « plan vélo ».

Vous le souligniez, les notes des villes sont encore assez médiocres. À partir de là, comment encourager la pratique de la marche en ville ?

Frédéric Brouet : On peut déjà dire qu’il y a des raisons d’espérer. Davantage de villes sont rentrées cette année dans le baromètre et il y a une très légère amélioration du ressenti chez nos répondants. Mais oui, il y a encore beaucoup de travail. Cela étant, je voudrais rappeler que la marche est le sport préféré des Français. Alors allons-y ! Investissons les villes. Plus on y verra de piétons, plus l’espace urbain sera agréable !

À lire : Le « baromètre 2023 des villes marchables » est à retrouver sur ffrandonnee.fr

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