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Une traversée de la Seine en paddle pour se réapproprier le fleuve

Dimanche 1er octobre, 70 paddleurs vont traverser les Hauts-de-Seine sur la Seine / © Nicolas Sirot
Dimanche 1er octobre, 70 paddleurs vont traverser les Hauts-de-Seine sur la Seine / © Nicolas Sirot

Pour la première fois, ce dimanche 1er octobre, 70 paddles vont se jeter à l'eau sur la Seine pour traverser les Hauts-de-Seine à la rame. Nicolas Sirot, amateur de microaventures et à l'origine de ce projet, espère que cette journée sonnera comme le début d'une nouvelle ère pour les loisirs nautiques sur le fleuve. Enlarge your Paris s'est entretenu avec lui.

Comment cette initiative est-elle née ?

Nicolas Sirot : À la fin de mes études, j’ai eu la chance de pouvoir entreprendre quelques aventures nomades, comme un tour du monde à vélo et une tentative de traversée du lac Titicaca en kitesurf. En 2012, alors que j’avais retrouvé une vie très sédentaire dans les Hauts-de-Seine, où j’habite et je travaille, j’ai découvert le paddle gonflable, un moyen de naviguer pas cher et facilement transportable. Sans savoir alors si c’était vraiment légal, je l’ai mis à l’eau. Ce fut une révélation. En 2015, avec quelques copains, nous nous sommes lancé le défi d’aller jusqu’à Honfleur. Une nouvelle expérience bouleversante qui m’a convaincu que la Seine devait jouer un rôle plus grand dans nos quotidiens. Nous avons ensuite eu l’idée de lancer un grand festival qui mettrait le fleuve à l’honneur. Nous avons aussi organisé un bivouac sur une île située à 40 km en aval de La Défense, ce qui nous a valu une arrestation en 2018 par la brigade fluviale. Pour l’anecdote, ceci nous a valu le surnom de « gang des paddleurs » ! Fort de toutes ces expériences, je me suis dit qu’il serait dommage de s’arrêter là. Il y a peu, à force de défendre le paddle sur Seine, le maire de Meudon s’est intéressé à notre démarche, suivi par le Département des Hauts-de-Seine. Aujourd’hui, avec ma start-up Seine.io et le conseil départemental, nous lançons « The Flow », une édition test qui a surtout pour but de braquer les projecteurs sur la Seine.

En quoi ce coup de projecteur va-t-il consister ?

Avec 70 paddleurs volontaires, nous allons traverser les Hauts-de-Seine sur l’eau. Ce sera une déambulation fluviale de 35 kilomètres depuis Meudon jusqu’à Rueil-Malmaison, avec une pause déjeuner au Rosa Bonheur d’Asnières-sur-Seine et qui sera ouverte à tous. Pas d’esprit de course ou de performance ! L’idée est d’organiser une sorte de fête de la Seine pour mettre en lumière les loisirs nautiques sur le fleuve ainsi qu’une autre conception du tourisme. Il n’y a pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour vivre l’aventure et retrouver la nature. Nous voulons montrer qu’il faut arrêter de dénigrer la Seine, qu’elle est une source d’aventure et de bien-être, si on la respecte.

Vous voulez dire que nous sommes tous nourris de clichés autour de la Seine : polluée, dangereuse…

La Seine a été très polluée mais maintenant la faune est revenue. Il existe une bonne trentaine d’espèces de poissons dans l’eau ; beaucoup d’oiseaux aussi vivent là comme les hérons, les oies, les cygnes. Et le paysage a tellement un autre aspect vu de la Seine ! Je pense notamment à la boucle derrière l’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) : depuis la Seine, on aperçoit surtout un rideau de nature, alors que depuis l’A15 on ne voit que du gris. Avant de nous lancer, nous sommes tous pleins d’appréhension, mais au bout d’une journée tout le monde ressent la même chose : on aime ce fleuve et on n’a qu’une envie, le préserver. Côté sécurité, on nous a imposé un gros dispositif pour l’événement avec bateaux suiveurs et secouristes. En réalité, s’il existe évidemment des dangers, un fleuve n’a rien à voir avec la mer. Selon la saison, la navigation sur la Seine peut être très douce ; les péniches que l’on croise vont à 10 km/h et ne provoquent qu’une ride sur l’eau. Même en paddle, il y a peu de chance de se retrouver à la baille !

Cette année, les inscriptions ne sont pas ouvertes au grand public. Si l’expérience est concluante, allez-vous transformer l’essai ?

Nous aimerions que cette grande fête devienne un rendez-vous en effet ! J’espère qu’un jour nous serons des milliers, qu’il y aura plusieurs étapes. Au-delà, l’idée est d’inciter le public à se mettre sur l’eau. Un jour, peut-être, nous verrons des gens en costume sur leur paddle se rendre à leur travail à La Défense !

Avez-vous des conseils à prodiguer ou des lieux à conseiller à ceux qui justement souhaiteraient se « jeter à l’eau » ?

La Seine est très réglementée. On ne peut pas faire du paddle partout. En revanche, la pratique est tolérée sur certains bras morts de la Seine comme le bras de l’île de la Jatte à Neuilly (Hauts-de-Seine) ; on peut s’y lancer sans crainte. Il existe aussi plusieurs clubs qui initient au paddle et aux activités sur l’eau. À Sèvres, le club du Bac et l’ACBB sont super. À Gennevilliers, le CKG organise des balades sur les bras de l’Île-Saint-Denis. La Seine possède un vaste vivier d’activités. A nous de les développer !

Infos pratiques : « The Flow », dimanche 1er octobre de 8 h à 18 h 30 sur la Seine dans les Hauts-de-Seine. Accueil des participants à 8 h à la Plaine de Meudon, 28-36, chemin de Halage, Meudon (92). Départ à 9 h depuis le parc nautique de l’île Monsieur à Sèvres (92). Déjeuner ouvert à tous au Rosa Bonheur à Asnières-sur-Seine de 11 h 30 à 13 h 30. Plus d’infos sur destination.hauts-de-seine.fr

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