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« Par ici le Grand Paris », une nouvelle signalétique qui efface le périphérique

La nouvelle signalétique grand-parisienne installée dans Paris / © Pierre L'Excellent
La nouvelle signalétique grand-parisienne installée dans Paris / © Pierre L’Excellent

Depuis le 28 juin, une nouvelle signalétique noire et jaune a fleuri dans Paris qui indique 43 destinations accessibles en transports en commun à visiter dans le Grand Paris.

Hasard du calendrier, un colloque était organisé ce 24 juin sur le thème «Y’a-t-il trop de touristes à Paris ?». Dans le même temps, une nouvelle signalétique «Par ici le Grand Paris» était déployée dans la capitale, un projet lauréat de Faire Paris 2018 (accélérateur de projets architecturaux et urbains innovants lancé par le Pavillon de l’Arsenal avec le concours de la Ville de Paris et le soutien de Mini et de la Caisse des dépôts) et pensé par Enlarge your Paris et le centre de création Les Magasins généraux. L’objectif : inscrire le Grand Paris dans l’imaginaire commun tout en le faisant connaître aux Parisiens et aux touristes, sachant qu’en 2018 ces derniers ont été 50 millions à visiter Paris et sa région, établissant un record de fréquentation.

Mais alors qu’une vingtaine de sites parisiens dépassent le million de visiteurs, à l’instar du Louvre, de la tour Eiffel et du musée d’Orsay, seuls quatre sites franciliens peuvent à ce jour en dire autant : le château de Versailles, Disneyland Paris, la cité médiévale de Provins et la forêt de Fontainebleau.

Anticiper les problèmes liés au surtourisme

D’où la nécessité d’accroître la visibilité des autres points d’intérêt en banlieue pour éviter les problèmes liés au surtourisme qui congestionnent certaines villes comme Venise, Amsterdam ou encore Dubrovnik. Les réjouissances ne manquent pas. Outre-périphérique, on trouve quatre parcs naturels représentant plus de 2000 km2 de verdure préservée (la Haute Vallée de Chevreuse, le Vexin français, l’Oise – Pays de France et le Gâtinais français), des parcs plus grands que Central Park (le parc du château de Versailles, le parc de Saint-Cloud et le parc de La Courneuve), des chefs-d’œuvre architecturaux (le château de Monte-Cristo à Port-Marly, la Villa Savoye à Poissy, Vaux-le-Vicomte…), trois sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco (la cité médiévale de Provins, le château de Fontainebleau et le château de Versailles) en attendant peut-être un quatrième avec la forêt de Fointainebleau, de nombreuses friches culturelles (la Ferme du bonheur et Vive les Groues ! à Nanterre, la Cité fertile à Pantin, la station Gare des Mines à la Porte d’Aubervilliers…) ainsi que des galeries d’art aux dimensions XXL (la galerie Ropac à Pantin, la galerie Gagosian au Bourget et la Galleria Continua à Boissy-le-Châtel). Des sites accessibles pour la plupart en transports en commun, l’Île-de-France comptant près de 400 gares, 302 stations de métro et 200 stations de tramway. Sans parler des 68 futures gares du Grand Paris Express.

Signalétique métropolitaine / © Pierre L'Excellent
© Pierre L’Excellent

43 destinations outre-périphérique

Encore faut-il en avoir conscience. C’est tout l’enjeu de cette première signalétique grand-parisienne qui restera installée jusqu’à la prochaine Nuit Blanche en octobre et qui pointe vers 43 destinations tout en précisant le kilométrage à vélo, le temps de trajet en transports en commun, la gare d’arrivée ainsi qu’une légende résumant la destination. Autre particularité de cette signalétique, chaque destination grand-parisienne est associée et mise en résonance avec un site parisien : la basilique Saint-Denis, nécropole des rois et reine de France et joyau gothique, avec Notre-Dame ; la forêt de Fontainebleau et ses 500km de sentiers de randonnée avec la coulée verte Renée Dumont dans le 12e arrondissement ; Auvers-sur-Oise, source d’inspiration des impressionnistes, avec le musée d’Orsay, qui possède l’une des plus importantes collections de peintures impressionnistes du monde ; le Musée de l’Air et de l’Espace, où l’on trouve deux exemplaires du Concorde, avec le Musée des Arts et Métiers, qui présente l’Avion 3, l’une des premières machines volantes.

« Cette «Signalétique métropolitaine» est à l’image du Grand Paris que nous construisons : elle efface la frontière du périphérique, créé une continuité entre les territoires et valorise leur complémentarité, résume Jean-Louis Missika, adjoint à la Maire de Paris chargé de l’urbanisme et du projet du Grand Paris. Renforcer les liens entre jardins publics, établissements culturels et espaces de loisirs à l’échelle de la métropole, susciter la curiosité et encourager la mobilité des Grands Parisiens et des touristes, voilà le projet de cette signalétique que nous souhaitons pouvoir développer au-delà du temps d’expérimentation. »

Une façon sans doute aussi d’enrichir l’iconographie du Grand Paris sur les réseaux sociaux. Car si le hashtag #paris a dépassé cette année les 100 millions de publications sur Instagram, les hashtags #grandparis, #banlieue et #iledefrance doivent se contenter respectivement de 40.000, 404.000 et 73.000 publications. Autant dire que pour le moment, y’a pas photo.

Infos pratiques : Les 43 destinations de «Par ici le Grand Paris» sont à retrouver sur paricilegrandparis.fr

A lire : L’étude de l’Atelier parisien d’urbanisme «Les touristes et l’espace public à Paris, quelles relations ?»