Société

La Ruche qui dit Oui ! L’Amap 2.0

Envie de bien manger et de faire travailler les producteurs locaux ? La Ruche qui dit Oui ! peut vous y aider.

S’il n’est plus la peine en 2014 de présenter La Poupée qui fait non, il n’est en revanche pas inutile de s’attarder sur La Ruche qui dit Oui ! Derrière ce nom à rallonge se cache un nouveau modèle de circuit court, s’appuyant sur le Web pour mettre en lien producteurs locaux et consommateurs exigeants. En région parisienne, le premier essaim s’est formé dans le 10e arrondissement sous l’impulsion d’une « locavore » convaincue, Hélène Binet.

Cette touche-à-tout, passée entre autres par le think tank Terra Nova, se lance au printemps 2011. Pour cela, elle sélectionne des producteurs fermiers issus de la vallée de Chevreuse (78) et se met en quête d’un lieu pour organiser les distributions. Ce sera le Comptoir général, un repère de choix le long du canal Saint-Martin. Bilan deux ans plus tard : sa ruche regroupe plus de 1 700 membres, dont un tiers sont actifs.

Le producteur propose, le client dispose

Chaque samedi, ils sont entre 100 et 150 à venir récupérer leurs commandes passées sur la ruchequiditoui.fr et distribuées par les producteurs eux-mêmes. Car c’est la différence avec les Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Ici, rien n’est imposé. On peut butiner à sa guise et choisir soi-même la composition de son panier (légumes, viande, fruits, etc). « Il y a également un côté participatif. Les membres d’une ruche peuvent suggérer des fournisseurs ou bien échanger des recettes », explique Hélène Binet, qui consacre en moyenne un jour et demi par semaine à la gestion de son réseau.

Ceci lui vaut de toucher un pourcentage sur les ventes. « Ce sont les producteurs qui fixent les prix, précise-t-elle. Mais j’effectue un benchmarking afin de m’assurer qu’ils respectent les tendances du marché ». Au final, tout le monde est gagnant car le système permet d’éviter les marges pratiquées habituellement par la grande distribution.

Une soixantaine de ruches en Île-de-France

Aujourd’hui, une quinzaine de producteurs sont réunis au sein de la ruche. Tous sont certifiés bio et implantés à moins de 250 km de Paris. Parmi eux, Cathy, qui élève vaches et cochons dans sa ferme du Bois Champeau, située dans les Yvelines. « On croit souvent que l’Île-de-France se résume à son urbanisme, observe-t-elle. La Ruche qui dit Oui ! est une façon pour nous, éleveurs et agriculteurs, de venir à la rencontre des douze millions de Franciliens et de nous faire connaître ». Le succès est au rendez-vous. Une soixantaine de ruches ont déjà ouvert dans la région et le concept ne cesse d’essaimer. De quoi alimenter le buzzzzzzzzzzz.