Culture

Bobigny : it’s a kind of magic

Bobigny : Il n'y a pas qu'UGC dans la vie. Les salles municipales misent sur la singularité pour attirer le public, à l'instar du Magic.

On imagine un plan large pour embrasser en un seul plan à gauche la préfecture, sorte de vaisseau spatial échoué en banlieue parisienne et à droite le massif centre commercial Bobigny 2 (93). Travelling avant pour suivre une silhouette de dos qui emprunte la rue piétonne située entre les deux. Plus loin, là-bas, par-delà le parc de la Bergère, il y a le Canal de l’Ourcq.

Mais notre héros n’en a que faire. Il s’arrête bien avant, descend une volée de marche pour s’engouffrer dans un cinéma. « Il » ? Federico Fellini, Marcello Mastroianni ou Philippe Garrel. Mais cela pourrait tout aussi bien être « elle » : Jeanne Moreau, Claudia Cardinale, Bernadette Laffont. Tous sont venus au moins une fois rencontrer le public du Magic Cinéma de Bobigny. « En y repensant, c’est effarant le nombre d’artistes qui sont passés entre ces murs pendant ces années ! », sourit Dominique Bax, la directrice de l’établissement.

Pendant ces 27 années, devrait-on préciser puisque le cinéma a ouvert ses portes en septembre 1987. Salle municipale, il est désormais géré par Est Ensemble, la communauté d’agglomération. Avant de passer, a priori, en janvier 2016, sous la tutelle de Paris Métropole.

«  Les gens pensent que derrière le périphérique, il n’y a que des ignares »

Arrivée de la VHS puis du DVD, implantation de l’UGC de Rosny-sous-Bois, développement du téléchargement… Comme d’autres salles art et essai, le Magic a, depuis sa création, essuyé des tempêtes. Et y a répliqué en affirmant sa singularité : « Notre vocation est d’être ouvert sur le monde, explique Dominique Bax. Cela passe par la découverte de films venus d’Algérie comme de Suisse mais aussi par de grandes manifestations comme nos festivals « Résonance » et « Bande à part » avec également, une part importante de la programmation dédiée au jeune public. »

Mais une telle politique est-elle facile à mettre en œuvre dans une banlieue populaire ? « Les gens pensent que derrière le périphérique, il n’y a que des ignares, fustige la directrice. Quel mépris agaçant ! D’ailleurs quand Maryline Canto est venue ici présenter son film « Le Sens de l’humour », elle a été épatée par la pertinence des questions… » À bon entendeur…