Culture

Un peu de street art pour oublier le gris du ciel

Le château de La Valette après / © Steve Stillman pour Enlarge your Paris
Le château de La Valette dans le Loiret où se déroulera le LaBel Valette Fest au printemps / © Steve Stillman pour Enlarge your Paris

Pour affronter l'hiver et tenir jusqu'au printemps, on vous a préparé une cure de luminothérapie à base d'expos colorées.

 

25 janvier : Sous le street art, le Louvre 1968-2018 (Nanterre, Hauts-de-Seine)

C’était il y a bientôt 50 ans. Le 22 mars 1968, Daniel Cohn-Bendit et les Jeunesses communistes révolutionnaires lançaient, depuis l’université de Nanterre, le « mouvement des enragés », précurseur des événements de mai. Ce 25 janvier, « L’imagination au pouvoir » fera à nouveau parler d’elle sur le campus à l’occasion de la Nuit des idées, initiée par l’Institut Français, qui a fait du fameux slogan sa thématique pour sa troisième édition organisée dans une cinquantaine de pays. Au programme entre autres, un projet original co-conçu avec le Louvre. Intitulé  “Sous le Street Art, le Louvre 1968-2018”, il présente sept oeuvres cultes du musée réinterprétées par des street artistes. Confiée au pochoiriste C215La liberté guidant le peuple de Delacroix a été présentée ce 9 janvier. Les autres fresques, ainsi qu’une sculpture, seront achevées en Live le soir du 25 janvier. Officieront Kouka, Levalet, Monkey Bird, Madame, Roti et Andrea Ravo Mattoni. Une déambulation animée par des étudiants permettra de découvrir ces réalisations tandis que des temps de rencontre auront lieu avec les artistes pour débattre de la démarche. « Le mouvement street art s’est largement nourri de la vague contestataire des années 60. Il nous semblait opportun de rappeler cet héritage et d’insister sur cette désacralisation des oeuvres une fois exposées à tous dans la rue », témoigne Sylvie Robic, vice-présidente chargée de la culture au sein du campus de Nanterre. La soirée sera bien sûr rythmée par des débats et se conclura par un concert de « Thee Maximators ». 

Infos pratiques : « La Nuit des idées » à l’université de Nanterre (92), 200 avenue de la République, Nanterre (92). Le jeudi 25 janvier de 17h à minuit. Entrée libre. Plus d’infos sur www.parisnanterre.fr 

« La liberté guidant le peuple » de C215 / © Université Paris Ouest Nanterre

 

Jusqu’au 21 janvier : Lettres ouvertes, de la calligraphie au street art (Paris, 18e)

Plus que quelques jours pour foncer à l’Institut des cultures d’Islam (ICI) admirer l’exposition “Lettres ouvertes, de la calligraphie au street art” réunissant une vingtaine d’artistes. Parmi eux Ammar Abo Kahr, qui montre le graf comme moyen d’expression libre durant la révolution égyptienne de 2011, Rachid Koraïchi, qui traduit les poèmes d’un militant palestinien en gravures, et L’Atlas qui a imaginé une « Cosmic Room” hypnotique où résonne les chants chamaniques. Et comme toujours à l’ICI, c’est gratuit ! La visite se prolonge dans le joli patio extérieur avec la fresque monumentale (250 m²) du roi français du lettrage : Tarek Benaoum. L’oeuvre sera d’ailleurs le point de départ d’une visite guidée à travers le patrimoine street art du quartier le 20 janvier à 10h30 avec la joyeuse bande de Quai 36.

Infos pratiques : « Lettres ouvertes, de la calligraphie au street art » à l’Institut des cultures d’Islam, 56 rue Stephensos, Paris (18e). Jusqu’au 21 janvier. Du mardi au jeudi de 13h à 20h, le vendredi de 16h à 20h, le samedi et dimanche de 10h à 20h. Plus d’infos sur www.institut-cultures-islam.org

Exposition « Lettres ouvertes, de la calligraphie au street art », oeuvre de L’Atlas © Marc Domage

 

14 au 18 février : Le plus vieux Salon d’art de France se convertit au street art (Paris, 8e)

Preuve supplémentaire que le street art est désormais partout chez lui, il sera à l’honneur du Salon des artistes français, plus vieux salon de France souhaité par Louis XIV afin d’exposer les grandes figures de l’Académie royale. En vedette de cette 228e édition, les collectionneurs de Spray Collection présenteront une dizaine de têtes d’affiche de l’art urbain comme Okuda, C215, Space Invader et Philippe Echaroux

Infos pratiques : « Le Salon des artistes français » au Grand Palais, avenue Franklin Roosevelt, Paris (8e). Du 14 au 18 février. Tarifs : de 8€ à 15€. Plus d’infos sur www.artistes-francais.com

Cuba Libre, 2015 / © Philippe Echaroux

 

22 mars : La blogueuse Wonder Brunette sort la version 2018 de sa bible du street art à Paris

Le 22 mars, la blogueuse Wonder Brunette, de son vrai nom Stéphanie Lombard, publiera la deuxième édition son livre à succès Le guide du street art à Paris (Ed. Alternatives). “J’ai vu dans ce livre une opportunité de m’adresser aussi bien aux Parisiens qu’aux touristes en quête de balades originales. Le street art est une façon de porter un autre regard sur la ville”, nous expliquait-elle l’an dernier pour la sortie du premier opus, écoulé à 5000 exemplaires en seulement quelques mois. Accompagnée par le journaliste Simon Hoareau pour mettre à jour les huit parcours, la passionnée de street art a tenu à ajouter Montreuil à la liste. “Lorsque l’on a annoncé la réédition, des artistes se sont mis à poser des oeuvres sur les parcours”, s’amuse Pierre Beaucousin, l’éditeur. Vous allez en prendre plein les yeux.

 

Prolongations : Le nec plus ultra du street art dans un ancien hangar SNCF (Paris, 18e)

Si l’Aérosol, temple éphémère de la street culture implanté dans un ancien hangar de la SNCF, est fermé jusqu’au printemps, son musée, lui, reste ouvert. On y découvre plus de 300 oeuvres de street artistes internationaux dont certaines signées Banksy, Invader ou Obey. Des pépites rares issues de collections privées que vous ne verrez pas ailleurs.

Infos pratiques : L’Aérosol, 54 rue de l’évangile, Paris 18e. Le musée est ouvert du mercredi au vendredi de 11h à 21h, le samedi et dimanche de 11h à 23h. Tarif : 3€ pour les enfants et 5€ pour les adultes. Plus d’infos sur www.laerosol.fr et sur Facebook

Le mur d’Obey Giant à l’Aérosol / DR

Printemps : LaBel Valette Fest, l’événement street art de l’année promis, juré, craché (Pressigny-les-Pins, Loiret)

On vous avait fait baver l’an dernier avec ce festival pour lequel 100 street artistes ont relooké des pieds à la tête un château du XIXème siècle à Pressigny-les-Pins. L’événement avait finalement été annulé au dernier moment par la mairie. Ce qui n’a pas découragé les organisateurs, dont la ténacité a fini par être récompensée. L’arrêté de mise en péril frappant le château a été levé et les travaux de mise aux normes vont bon train dans la propriété de 40 hectares désormais peuplée d’oeuvres. L’objectif est de faire en sorte que l’événement puisse se tenir au printemps. « L’art a ce pouvoir d’investir des lieux et de les valoriser. Avec LaBel Valette Fest, nous espérons montrer un tout autre visage de la région Centre, aux habitants comme aux Parisiens », confie Sébastien Lis, co-fondateur d’Urban Art Paris, association à l’origine du projet et qui promeut les cultures urbaines dans le (très) Grand Paris depuis 2012. Stay tuned !

Infos pratiques : « LaBel Valette Fest » au domaine de La Valette, route de Montargis, Pressigny-les-pins (45). Dates à confirmer. Plus d’infos sur www.labelvalettefest.com et sur Facebook

 

 

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