Artdevivre

SAFA pas mal

Depuis 1926, à la SAFA, on fume... le saumon. Et en plus, on le vend.

Le vendeur rigole : « Ici, à Noël, c’est comme à Disneyland. Il faut organiser la queue qui peut faire jusqu’à une heure et demie. » En revanche, ici, pas de poupées brâmant « This is a small world ». A la SAFA, l’hymne serait plutôt : « This is a big salmon ». Car depuis 1926, les lieux abritent une fumerie de saumon. Si, en raison du succès, les locaux de fumage ont bougé, la boutique, elle, est bel et bien là.

Salé à la main loin des aisselles

Le truc en plus de la SAFA ? Un salage à la main et pas de sucre –contrairement à de nombreuses préparations industrielles- un fumage traditionnel et le choix de poissons de qualité, parmi lesquels un saumon irlandais bio à tomber. En bouche, la différence se fait tout de suite sentir. La dimension fumée se révèle et visuellement, on est loin du saumon rose fluo graisseux, véritable cauchemar des fêtes de fin d’année.

Et si le sympathique poisson remonteur de rivière n’est pas votre meilleur ami, cela vaut quand même le coup de se déplacer pour le tarama au corail d’oursin, le tartare d’algues ou les harengs marinés, avec une spéciale dédicace à ceux à la moutarde. Voire, pour les foufous, faire connaissance avec l’anguille fumée ou renouer avec la poutargue. Si les Parisiens condescendent –au péril de leur vie- à franchir le périph’ pour la SAFA, c’est que le jeu en vaut la chandelle…